Univers-Iles de Hugo Verlinde, sculpture, vidéo

SHOW OFF : l'art numérique, entrée dans le marché de l'art

SHOW OFF présente pour sa 8ème édition plus de 180 œuvres d'art numérique. Cette foire d'art 2013 pose clairement l'art numérique en terme de marché de l'art et non plus comme une éternelle innovation en marge de l'art contemporain. Le choix de Dominique Moulon, directeur artistique, est pour beaucoup dans ce nouvel ancrage. Il figure parmi les pionniers de ce réseau de théoriciens de l'art, universitaires, plasticiens et programmateurs culturels, qui ont contribué à faire connaître ces artistes entre 1995 et 2000. Il s'est allié avec le Québec pour donner une dimension internationale au « show ». Cet ancrage affirmé dans l'art contemporain et l'entrée marché de l'art rejoint le parti pris de la galerie Charlot où les œuvres d'Antoine Schmitt, ballets quantiques,  côtoient celles de Pontus Carle, huiles et collages papier, dans une même exposition (Jusqu'au 23/11/2013).

                                                                Swarm d'Antoine Schmitt http://www.galeriecharlot.com/


La Galerie Charlot avait exposé Jacques Perconte ( « J'ai plongé dans le numérique en 1995 » dont l'oeuvre Santa Maria Madalena (film génératif 2013) est présente à Show Off. A Show Off des œuvres iconiques comme l'installation Portrait interactif d'Osar en temps réel (2005) de Catherine Ikham et Louis Fléri, où un visage virtuel énigmatique suit lentement le visiteur qui lui fait face (Galerie Albert Benamou). D'autres artistes à découvrir ou redécouvrir : coup de cœur pour Univers-Iles de Hugo Verlinde ou Light Canvas II de Joannie Mercier. Se laisser fasciner par les jeux de lumière, de pixels, le grain de la vidéo, ou l'explosion de couleurs du déploiement génératif en temps réel.

De l'installation monumentale à l'oeuvre modulaire

Les artistes connus pour leurs installations on fait l'effort de rendre « domesticables » - selon le mot amusant de Djeff - leurs œuvres monumentales en les présentant sous une forme plus accessible aux collectionneurs : « extraits » d'installations à formats modulables, encadrements classiques, formats "tableaux", photographies sous Diasec, ou encore sculptures et objets sorties des imprimantes 3D, technologie avec laquelle on devra compter. Ainsi Miguel Chevalier (dont on peut visiter actuellement l'exposition personnelle http://www.cda95.fr/en/node/891 POWER PIXELS 2013 au CDA d'Enghien-les-Bains), connu pour ses installations parfois monumentales comme Power Pixels Carrières de Lumières aux Baux de Provence (2012), expose à Show Off Nuage Fractal, 2013, œuvre générative de réalité virtuelle superbe ET manipulable (sur écran LCD). Djeff a conçu Breeze une installation interactive de type monumentale de 10 m sur 10 m qu'il a domestiqué « à taille réduite de 60 cm2 qu'on peut accrocher sur le mur ». L'oeuvre est modulaire. Il a utilisé des ventilateurs, objet usuel : lorsque le spectateur est face à l'installation, on lui fait croire à une machinerie complexe, on simule une interaction, alors qu'il s'agit de composants électroniques simples, un simulacre de technologie. Faire prendre conscience que « souvent la technologie peut être une poudre aux yeux », et qu'il faut « se l'approprier avec les bonnes références », porter une « autre regard  sur la technologie qui nous entoure » .

Eurasia de Pascal Dombis est une immersion dans des dizaines de milliers d'images associées à des couleurs primaires, confrontation entre le sens des couleurs d'Asie et d'Occident dont l'animation est plus classiquement cinétique que virtuelle. Maurice Benayoun dont on se souvient que l'installation d'envergure qui était à l'entrée du Grand Palais ou encore à Ars Electronica expose des extraits sous Diasec de ses installations, comme avec à chaque fois une valeur ajoutée comme par exemple différents titres qui changent le sens d'une même œuvre. Il continue dans la voie des jeux de la fiction et des symboles dans l'espace public. L’œuvre achetée l'est-elle pour elle-même ou pour la piqûre de rappel sensible de l'expérience mémorable ? Question ouverte à poser aux visiteurs et collectionneurs.

Les Nouveaux supports de l'art

Les artistes dans le contexte de Show Off ont également fait l'effort de tester de nouveaux supports. Ainsi on pouvait voir Samuel Bianchini manipuler  des tablettes numériques pour en tester la qualité pour l'accueil deAll Over présentée au Jeu de Paume

Catherine Nyeki continue à nous fasciner avec ses micro-organismes imaginaires et présentait sous globe des images extraites de ses vidéos HD MimetiKa (Globulus) tirage unique de 20 pièces qu'on peut encore acquérir pour un prix raisonnable.

Une sculpture sortie d'une imprimante 3D trônait sur le stand de Miguel Chevalier.

Le soir du 22 octobre )Thomas Cheneseau nous a convié via à une performance ou la présentation en temps réel d'une galerie virtuelle ( à retrouver sur http://spamm.arte.tv/  Sous la direction curatoriale de Reynald Drouhin, sur le thème du drapé de données, on pouvait expérimenter de façon jubilatoire des œuvres vivantes vibrer et s'animer sur des sites Web dédiés – y compris des images GIF - sur une galerie Internet relevant de la catégorie net art dont incident.net a été pionnier.


Ci-contre MimetiKa (Globulus Catherine Nyeki