Au début du mois de mai l'Ecole supérieure d'art de Rueil-Malmaison proposait, dans le cadre du cursus de ses étudiants, un séminaire avec l'intervention d'artistes sur le thème maintenant assez couru de "l'art et l'entreprise". Quelques uns d'entre nous, qui suivons ce thème, se sont impliqués, c'était d'ailleurs la règle du jeu proposée. Nous retraçons ci-dessous la participation à une session. Une présentation des artistes suivra dans un prochain billet.

In parisian suburbs l'Ecole Supérieure d'art de Rueil-Malmaison is next to to the famous Napolenon's wife Joséphine, who had her residence, in the midst of green trees and quiet south-west of Paris. Access is easy thinks to the bus. This two day seminar was innovative and artists dealing with art and innovation were present. Here is (in French), how we lived through the seminar, day One. Will follow very soon an encounter with the artists.

3 rue du Prince Eugène, 92500 Rueil Malmaison contact : ecole@earueil.com
Directrice : Victoire Dubruel

Passionnant pari que celui de Liliane Viala, enseignante à l’Ecole d’Art de Rueil Malmaison  http://www.earueil.com/ qui a invité pendant deux jours François Deck, artiste et consultant à conduire un séminaire sur le thème « L’art peut-il apprendre de l’économie et de l’entreprise? ». Séminaire « participatif » avec un protocole actif pour les participants, qu’ils soient observateurs ou étudiants. Et avec des artistes opérant dans ce champ : Léonore Bonaccini et Xavier FourtBureau d’Etudes – artistes, Jan Middelbos artiste et membre du collectif Au travail/Atwork.

 
Propositions d’artistes à l’entreprise

Un accord lie ces étudiants de l’Ecole d’art de Rueil Malmaison http://www.earueil.com/ et de Cergy au Mercedes Benz Center http://www.mercedes-benz-center.fr  Ils vont y intervenir et ne savent pas encore tout à fait comment,  pourquoi et pour qui. « L’occasion d’expérimenter une situation réelle de travail » dit Liliane Viala au moment  « où l’entreprise se voit imposée toujours plus de créativité, de réactivité ». Art et entreprise, deux mondes qui se rapprochent dans le contexte de l’économie de l’immatériel et  « des richesses non quantifiables » Les étudiants reviennent d’une première phase d’immersion. Leurs premières observations sont fines : le Mercedes Benz Center est comparé à une nef, l’aspect religieux de l’édifice induit une forme de sacralisation. Espace ou tout est divinement  luxueux…marketing oblige, puisque c’est un centre ou opèrent les forces de vente.

Que proposer ? Le président, un profil « nouveau patron » qui est proche de ses employés a un premier réflexe : « alors vous allez nous faire de la peinture ? ». Mais non, ils n’en  n’ont pas l’intention, les étudiants, ce sont plutôt des situations qu’ils cherchent à produire, un « léger décalage », comme dégonfler un pneu pour rompre le bel équilibre de la voiture exposée ou encore prendre une photo de groupe des employés dans un lieu inhabituel. Une vidéo réalisée par l’un des étudiants le montre se mettant en scène et bondissant dans des lieux Ou encore une sorte d’urne dans la cafeteria avec deux fentes : « il faut », « il ne faut pas » qui pourrait être un défouloir pour les employés. Un questionnaire est affiché. Vont-ils y répondre ? Car les (futurs) artistes réalisent que le monde de l’entreprise est pavé de contraintes imposées aux employés : « ne pas ramener sa mauvaise humeur », « ne pas s’asseoir sur les canapés réservés aux clients ».  Une tentative de produire des « services » est en cours. Offrir un ballon d’oxygène, clin d’œil à la pollution des grosses berlines ?

 
L’In/compétence vue par François Deck

Nous sommes tous invités par François Deck à participer en déposant 3 questions sur de petits coupons, qui seront ensuite distribuées au hasard aux participants, qui devront commenter la question qu’ils découvrent, le suivant rebondira sur ce commentaire. Une façon astucieuse d’éviter les monopoles de paroles et les débats stériles et de faire avancer le projet. Questions incongrues, provocantes, pertinentes se succèdent.

En introduction François Deck avait présenté la « un générique d’in/compétences artistiques ». La notion d’incompétence, un mot à la mode qui pour lui est positivement connoté. Alors que les compétences sont une reproduction de la réalité, « les incompétences révèlent des qualités de potentialité de changement », les situations de crise mettent en crise l’expertise, « l’incompétence manifeste des désirs  qui ne sont pas pris en compte par la compétence. » Ce mot d’incompétence comme attribut de l’art et de l’artiste resurgit dans les commentaires. Et puis il y a cette anecdote livrée par l’un des étudiants. Une des salles d’exposition la plus spectaculaire est une pièce surmontée d’une coupole dotée d’un variateur de lumière : jour, soleil ou pluie. Elle est née du mécontentement d’un client, qui conduisant sa Mercedes dans le désert, s’aperçoit que la couleur n’est plus du tout celle qu’il avait choisi dans la salle d’exposition. D’où un effort de Mercedes pour répondre au problème. Une autre pièce baptisée par les étudiants « salle des caprices », celle où l’on entraîne les clients…un peu trop difficiles ou manifestant leur mécontentement inspire François Deck : les caprices ne sont-ils pas facteur d’innovation ? Une piste à creuser ? Une intervention de Pascal Nicolas-Le Strat, politiste et sociologue,  vient synthétiser les propositions, et exposer à quel point le monde du travail est ici une « mise au travail par saturation » sans plus aucune échappatoire possible. Que faire quand l’entreprise offre le bien être à ses employés, sinon lui être dévouée corps et âme?

Demain  : François Deck ouvrira la matinée avec « Agencer l’improbable » et Bureau d’Etudes poursuivra avec « La troisième sphère ».