Carine Le Malet in front of By the kiss a video by Yann Gonzales with Kate Moran (2006)

If you are looking for some fresh new bold territory in art here  is a tip : "Under my skin" video show January 12 February 9 at Magda Danysz Gallery Galerie Magda Danysz is situated in Paris : 78 rue Amelot 75011 Paris. Tél/fax  01 45 5183 38 51

If you missed the show, look for the artists. In an image-saturated world the videos selected by Carine Le Malet have a rare quality : they make us stop, watch and listen. These images are statements, killing us softly with their words or somtimes without words. "Je suis une bombe"says Elodie Pong and it is hard not to go on watching her perform pole-dancing in a Panda outfit, "Je suis sublime". Silent statements, subtle statements, loud and rude statements, understatements, every video has something to say with images and sound and no long text delivering a "message".

An independant curator in charge of programming at LE CUBE Carine le Malet has a prospective flair for youg and promising talents. The video story at Magda Danysz started with "Under influences" . "Addiction" was the topic of what became a monthly rendez-vous so that people could get used to the medium says the galerist Magda Danysz. The thing to remember is to forget everything about video art of the 70's 80' 90'  : video today has more to do with the fact that access to technique is open and leaves place to a variety of technical choices and personal expression. All is said in 5 or 6 minutes. Smooth Philips Ambilight screens give a visual unity to the show.

Pas ou peu d'effet spéciaux et de 3 D spectaculaire dans ce choix de vidéos d'artistes "Je ne suis pas là pour faire Star Wars" dit Carine Le Malet. En présentant des oeuvres troublantes et actuelles elle vise un public de jeunes collectionneurs aisés sensibles à l'art. Le titre "Under my skin" est évocateur de tatouages, piercing,  et autres emblèmes gothiques. Bien que souvent vêtue de noir et même si elle est fascinée par l'art de l'extrême où le corps  endure  suspension ou brulures, Carine  n'est "ni goth ni punk" et encore moins nihiliste. Juste curieuse de ce qui permet de se dépasser, de sortir de soi. Quoi de plus provocateur que cette tenue grotesque de panda pour esquisser une danse erotique, celle qu'on pratique dans les gogos dancing de Sunset Boulevard ou de Pigalle? L'artiste Elodie Pong, (Suisse) avec "Je suis une bombe" oscille entre  la toute puissance et la fragilité, "je suis le regard des gens sur moi"...elle s'expose pour exposer, à fleur de peau, explosive, tour à tour danseuse ou dangereuse. Dans "No, no, no", (boucle vidéo, 2007) une jeune femme sourit et joue de la guitare. R.A.S?  Et bien si justement, derrière ce sourire en gros plan, l'horreur...oui mais de quoi? On ne le sait pas, mais dans ce regard de face, comme une menace, une peur, pour elle, pour nous.

                 Inquiétante étrangeté : le regard de Mathylde Demarez dans la vidéo en boucle d'Elodie Pong (Suisse).

Une femme encore ( Kate Moran) qui, appuyée contre un mur,  se laisse embrasser par des passants :  "By the kiss" de Yann Gonzales (France 2006) est une vidéo en noir et blanc. Une étrange dolce vita que cette série de baisers tour à tour voraces, violents, féminins, masculins, qui laissent l'héroïne chaque fois un peu plus lasse, tremblante. Un peu comme dans la vie, un baiser peut être volé, vide de sens, un baiser peut laisser exsangue, solitaire. Un baiser ce n'est pas forcément l'amour, un baiser peut être aussi le comble du manque d'amour quand il dévore, prend et passe sans rien donner. "Film muet, donc, mais musical aussi, car chaque baiser, chaque figure, y joue pour moi le rôle d'un instrument". La musique originale de M83 accompagne cette descente aux enfers. Marianne Maric est une femme amazone qui connaît son pouvoir de destruction. Les filles-lampes "live", statues en série, le soir du vernissage, c'est elle. Elle compose la lumière de ces femmes-objets, comme elle met en scène des ingénues mercenaires dans "une esthétique " trash-glamour ". Dans la peau d'un autiste avec Zwischen Sehrinde und Mandelkern " ("Entre la région optique et les amydales", Allemagne, 2007)  : Stefan Ringelschwandtner apprend qu'il est autiste assez tard, et il a le sentiment qu'il perd la faculté de capter les signaux qu'on lui envoie. Il se gratte jusqu'au sang mais ne ressent pas de douleur. Toutes ces différences sont exposées factuellement. "Le film parle de ces choses que je faisais quand j'étais enfant… comme jouer avec des legos, mais sans construire des maisons."Ce qu'on ne pourrait ni sentir ni compendre en parlant à un autiste, on le perçoit via l'oeuvre vidéo, qui rend perceptible et proche l'indicible. Her Dance de Chloe Tallot ( France, boucle vidéo, 2007) met en scènes des femmes ou plutôt LA femme actuelle : "Pure, exigeante, frondeuse, délurée, inquiète, séduisante, la femme d'aujourd'hui" vue par l'artiste. Cette performance en boucle est significative de l'ensemble de l'exposition, où le sentiment d'identification, ressort cinématographique classique qui nous avait depuis longtemps quitté, resurgit avec ces oeuvres d'artistes qui décrivent les codes de l'époque, nue, complexe, riche, révoltante, renaissante, dans laquelle chacun se reconnaîtra.

Acheter une de ces vidéos : de 800 euros à 3000 euros;  parfois beaucoup plus; la vidéo est  - comme la photo - numérotée et signée, vendue sous forme de DVD.